Dictionnaire historique d'Aphonse ROSEROT

 

Sommaire

  • Montmorency-Beaufort
    • Territoire
    • Anciennes circonscriptions civiles
    • Grenier à sel
      • Grenetiers
      • Receveurs
    • Bailliage
    • Election secondaire
  • Paroisse
    • Chapitre
    • Prieuré
  • Seigneurie
    • Seigneurs
      • La maison de Broyes
      • Blanche d'Artois
      • Les ducs de Nemours
      • Foix - Foix Aragon....
      • Ducs de Beaufort
      • Famille féodale du nom de Beaufort, distincte de celle des Beauforts de la maison de Broyes ?. XII. XIII siècle.
    • Château
      • Capitaines
      • Châtelains
      • Gouverneurs du Comté
      • Capitaines et gouverneurs du Duché
      • Baillis
      • Gruyers
      • Habitants notable
Le nom de Beaufort a été seul en usage jusqu'en 1689 où le nom du duché de Beaufort a été changé en celui de duché de Montmorency. Le prince de Condé avait fait changer le nom de son duché de Montmorency (Seine-et-Oise) en celui de duché d'Enghien, et c'est pour cette raison que François Ier de Montmorency-Luxembourg, prince de Tingry, qui avait obtenu en 1688 l'érection en sa faveur du duché de Beaufort, fut autorisé en 1689 à relever le titre de duc de Montmorency en remplacement de celui de Beaufort (AUBE, C2235, folio 38 v°).
Le Montmorency de Seine-et-Oise ayant repris son ancien nom, celui de l'Aube a obtenu un décret, du 4 février 1919, qui l'a autorisé à s'appeler désormais Montmorency-Beaufort.


Au territoire
Le Cavalier, le Châtelet, le Chemin des Romains, la Cour de la Brau (une partie sur Chavanges), Longueroie (?), la Maladière, le Moulin-à-vent, le Tilleu, Vaudremont. (Cadastre de 1811).


Anciennes circonscriptions civiles
En 1789, Montmorency dépendait de l'intendance et de la généralité de Châlons, élection de Vitry, et du bailliage de Chaumont. Pendant la période intermédiaire, la commune de Montmorency a été ch.-l. de canton, au district de Bar-sur-Aube, du 29 janvier au 29 novembre 1790, puis a fait partie du canton de Rosnay de l'an VII à l'an VIII, où elle entra au canton de Brienne (arr. de Bar sur Aube). Elle en a été détachée, en 1840, avec celles de Lentilles et de Villeret, pour être incorporée au canton de Chavanges (arr. d'Arcis). En 1709, on y comptait 144 feux (Vaveray, Election de Vitry, 356) en 1787, 103 feux et 468 hab. (Aube, C2051).


Grenier à sel
Dès le milieu du XVI siècle, Beaufort était le siège d'un grenier à sel. D'après Courtalon (Topographie historique III, 359), les bâtiments, qui existaient encore, avaient été construits avec des matériaux provenant de l'ancien château. Sur l'armoire de l'école on lit :
JVRIDICTION. DV. CRENIER. A. SEL.


Grenetiers
1556-1559 : Guillaume de Vassan, mari de Jeanne de la Ferté, demeurant à Brienne (Aube, 1 B 1, folio 13 et 16; et Bibliothèque nationale, française 5996, page 146).
1571 : Louis de Hault, son gendre, mari de Marguerite de Vassan (Aube, D 100).
1697-1718 : Claude Adam, contrôleur.
1700 : Jean-François Adam, conseiller du roi, contrôleur, demeurant à Chavanges.
(Communication de M. Pierre Viard).
1702 : Nicolas de la Marche, mort en 1702, le 20 avril. Sa veuve, Marguerite Grimoin, avait "nommé" (désigné) au roi Pierre Martel, qui paya le 8ième denier le 18 octobre suivant et se démit en faveur du suivant (ibid., C2237, folio 53 v°).
1706 : provisions du 6 mars, Gilles Le Fondeur (ibid.).
1738 : Armand Jean de la Marche, grenetier et contrôleur, bailli et lieutenant général de l'abbaye de Montier-en-Der, demeurant à Montier-en-Der (d'après une note du chan. Prévost).


Receveur
1762-1766 : Regnard de Moremp(ont?) - (GROSLEY, Ephémérides Troyennes).


Bailliage
Il y avait en outre le bailliage du duché de Montmorency, qui dépendait nuement, pour les appels, du Parlement de Paris, et pour les cas royaux du baillage de Chaumont.


Election secondaire
Il a été aussi momentanément le siège d'une Election secondaire : en 1583, on trouve la mention, dans un arrêt des Grands-Jours de Troyes, de Jean Colin, contrôleur pour le roi en l'Election de Beaufort en Champagne, et de Nicolas Gallois, greffier en la dite Election (Archives nationales, X 9189, folio 75 v°).

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PAROISSE


Beaufort était jadis le siège d'une cure du diocèse de Troyes, doyenné de Margerie, dont la collation appartenait à l'abbé de Montier-en-Der. Cette paroisse avait pour succursales Lentilles et Villeret, qui étaient de l'Election de Troyes. Aujourd'hui, elle comprend Courcelles, ancienne succursale d'Yèvres.
Le curé avait en 1728 un revenu de 479 livres; en 1756, 534 livres 15 sols; la fabrique, en 1728, 90 livres 10 sols; en 1756, 309 livres 15 sols (Aube, G746). En 1761,
les revenus de la cure étaient de 900 livres, et ceux de la fabrique de 150 livres net. (Evêché Troyes, Pouillé de 1761 page 308); sur les 900 livres du curé, 300 formaient la portion congrue payée par le prieur (Aube, G746). Les dîmes appartenaient au prieuré du lieu qui dépendait de l'abbaye de Montier en Der, et qui donnait un gros au curé (ibid).
En 1231. Renaud, fils de Gui d'Eclance, avait fait don au prieur de Beaufort de tout ce qui lui appartenait en la dîme (LALORE, Cartulaires, IV, 225). En 1238, Nicolas de Brie, évêque de Troyes, était intervenu dans un différend survenu entre l'abbaye et le curé. Il avait décidé que tous les revenus de la paroisse, sauf la grosse dîme de blé, se partageraient entre eux par moitié; quant à la dîme de blé, ils devaient la percevoir chacun de la même manière que par le passé (ibid 228).
L'église, sous le vocable de l'Assomption de la Sainte Vierge, est du XVI siècle. Elle a été reconstruite en grande partie au milieu du XIX. (Arbois, Répertoire archéologique 13).


Chapitre
Il y avait jadis au château un chapitre, sous le vocable de Saint-Thomas de Cantorbéry, qui ne fut jamais très important. Il avait été fondé par les seigneurs et était à leur collation. Il existait déjà en 1089, où l'on trouve la mention du doyen, Humbert (A. DU CHESNE, Histoire Maison de Broyes, Preuves, p.10).
En 1353 il était de trois chanoines, y compris le doyen (LONGNON, Pouillés, IV, 288). Il finit par être réduit à un chapelain. Le procès-verbal d'une visite du doyen rural de Margerie, faite en 1672, rappelle qu'après la démolition du château le siège du chapitre, avait été transféré, (et aussi la statue de saint Thomas), dans une chapelle de l'église paroissiale (Aube, G 746). A la fin du XVIII siècle le curé jouissait des revenus des trois prébendes, à la charge de douze messes par an, et d'une messe solennelle le jour de Saint-Thomas de Cantorbéry (COURTALON Topographie historique III, 360).
Les revenus du chapitre avaient été de 27 livres en 1728; 40 livres en 1756 (Aube, G746).


Prieuré
Sous le vocable de Saint Jean-Baptiste. IL dépendait de l'abbaye de Montier-en-Der, ordre de Saint Benoît. L'évêque y avait droit de visite et de procuration. Ses revenus étaient en 1728, de 1.238 livres, mais net 369 (Aube, G 746); en 1761, de 600 livres; en 1780, de 1.200 livres, charges déduites (Evêché Troyes, Pouillé de 1761, page 63). Il était en commende et son siège était transféré en l'église paroissiale, dès 1761. Ce prieuré avait été fondé par Hugue I, dit Bardoul, sire de Broyes et de Beaufort. La charte n'est pas datée; A. du Chesne la met avant l'an 1058 (Histoire Maison de Broyes. Preuves, p.7). Lalore la date au plus tard de 1060 ou 1061 (Cartulaires, IV. 169). Hugue Bardoul déclare qu'il a résolu de faire cette libéralité aux moines de Montier en Der pour réparer les graves déprédations et sévices dont il s'est rendu coupable, depuis son enfance envers les églises et les personnes ecclésiastiques, et notamment envers l'abbaye du Der. En 1221, par un échange fait avec l'abbaye de Montier en Der, celles de Boulancourt lui avait assigné une rente de 30 setiers de blé, moitié froment et moitié avoine, savoir : 16 setiers sur les terrages de Beaufort, 15 de froment en la dîme de Beaufort, etc. Les moines de Boulancourt s'étaient en outre engagés à payer chaque année au prieur de Beaufort 30 sous provinois, à Boulancourt, dans la quinzaine de la Saint-Rémi s'il les réclamait. En cas de non paiement à l'échéance, ils devaient payer 5 sols en plus (Haute-Marne, Montier en Der, 36ième liasse. 9ième partie).


Prieurs:
1392-1394: Jean Morel (Côte d'Or, B504)
1397 : Jean de Plany (ibid.)
1406 : Ponce Naudet (Montier-en-Der. 5ième liasse, 1ère partie)
1488 - 1500 : Gilles des Massues (ibid.)
1508 : Guillaume Jolyot, commendataire (Aube. G4325)
1530 : Nicolas Belin (Montier en Der)
1655 - 1660 : Jean Segrain, grand prieur et official de l'abbaye de Montier en Der. Ses provisions étaient du 4 novembre 1655; il résigna en faveur du suivant.
1661, Pierre Dubois, moine de Montier en Der ibid.). Jusqu'en 1671 frère Paul de Rancher, qui démissionna à cette date (ibid)
1671 - 1673 : frère François Hanier, moine de Montier-en-Der (ibid)
1673 : Pierre Buglet, clerc du diocèse de Troyes, fils de Pierre Buglet notaire royal à Troyes; sur la résignation du précédent, moyennant 80 livres de pension qu'il devait lui payer, et une même somme à Paul de Rancher (ibid)
1760 (provisions) : Louis-Maurice de Thomassin, clerc du diocèse de Châlons sur Marne (ibid).
1769 : Alexandre de Thomassin, alors mineur (Aube. 1B989, folio 3 v°)

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SEIGNEURIE


Beaufort a été tout d'abord un fief de la châtellenie de Rosnay, déjà dès 1172 environ (LONGNON, Documents, I. n°178). Dans un rôle de 1187-1190. il figure parmi les grands fiefs du comté de Champagne (ibid n°2448). Après son acquisition par Blanche d'Artois (1270), femme d'Henri III qui fut peu après comte de Champagne, Beaufort devint chef-lieu de châtellenie: il en était ainsi en 1274 ou 1275 et cette châtellenie dépendait alors du bailliage de Vitry {ibid, page 414). On verra dans la liste des seigneurs que cette baronnie a été tour à tour comté (dès 1513. Archives nationales P461 n°1328), duché-pairie (1597 - 1688), et même duché simple, après l'extinction des mâles de la maison de Montmorency.


Seigneurs.
Léon Pigeotte a publié dans l'Annuaire de l'Aube (1881) une bonne notice sur les anciens seigneurs de Beaufort, depuis les origines jusqu'à 1689. Pour cette période, j'aurai différentes choses à ajouter et d'autres à contester. Je note dès maintenant une petite erreur : le nom d'Albret, qu'il écrit d'Albert. Ce sont deux familles bien différentes, qui n'étaient d'ailleurs pas contemporaines.


1. la Maison de Broyes et celle de Rethel X-XIII siècle

André du Chesne a raconté très amplement l'histoire de la Maison de Broyes, dans son Histoire généalogique de la Maison de Broyes et de Châteauvillain (1631). Je renvoie à cet ouvrage par la lettre D et le n° de la page. D'après ce savant généalogiste, le plus ancien seigneur de Beaufort que l'on connaisse serait Renard ou Renaud, sire de Broyes, qui vivait du temps d'Hugue Capet, donc à la fin du X siècle (D. 1). De sa femme. Elvise ou Eloise, il aurait eu Isembard, sire de Broyes et de Beaufort, qui vivait en 1028 (D. 6) et celui-ci aurait eu pour successeur Hugue-Bardoul I, qui fonda le prieuré de Beaufort avant 1058 (voir plus haut). A celui-ci succéda Barthélemi, seigneur des dits lieux de Broyes et de Beaufort, qui mourut avant 1081 et épousa la fille de Raoul, comte de Crespy (D, 10).
1081 - 1110 : Hugue-Bardoul II, leur fils, seigneur des dits lieux (D. 11), marié à Emeline de Monthéry (LALORE, Cartulaires. VI. 201).
1121 (Côte d'Or, Morment, H 1182) - 1147 (LALORE Cartulaires, IV, 9) : Simon I, leur fils, seigneur des dits lieux, qui fonda en 1131 l'abbaye d'Andecy. Il avait épousé en 1110 Félicité de Brienne (D. 14), qui était remariée dès 1154 avec Geoffroi III de Joinville. Leur fils, Hugue II, hérita de Broyes et fut la tige des sires de Châteauvillain de la Maison de Broyes. Leur fils cadet, Simon, eut la seigneurie de Beaufort.
1152 - 1187 : Simon (Haute-Marne, La Chapelle aux Planches, 2° liasse, 1 partie; D. 16- 17), marié dès 1172 avec Agnès, dame de Ramerupt en partie; il vivait encore en 1187 (D. 16-17).
1199 - 1257 : Félicité de Beaufort, leur fille unique, mariée en 1191 à Hugue II, comte de Rethel (Aube, 8 H; DELISLE Notice cartulaire comté Rethel, n°141). En même temps qu'elle, Henri, sire d'Arzillières, se disait seigneur de Beaufort (LALORE Boulancourt, 14 ou 110); sa femme Agnès était peut-être la veuve de Simon de Beaufort susnommé.
1245 - 1258 : Jean, comte de Rethel, leur fils (Arbois, Histoire comtes Champenois, catalogue n° 2713; LALORE Cartulaires IV, 56). En 1249, le dit Jean demandait l'annulation de son mariage avec Marie de Thourotte parce que Jean de Thourotte, son beau-père, détenait injustement le château de Beaufort, par un abus du pouvoir qu'il avait reçu de Thibaud IV, comte de Champagne (Arbois. op. cit. n°2887).
1260 - 1264 : Manassès IV, comte de Rethel, seigneur de Bourcq, frère du dit Jean (LALORE op. cit. 59-60).
1270 : Hugue IV de Rethel, sire de Bourcq, fils du précédent, qui devint comte de Rethel en 1273 seulement. Au mois de juin 1270, lui et sa femme Isabelle vendirent à Blanche d'Artois, ci-après nommée, ce qu'ils avaient à Beaufort et en la châtellenie, y compris ce que Marie (de Lusignan), comtesse de Brienne, y avait en douaire, pour en jouir après le décès de cette dernière (Arbois, op. cit. n°3665). Six mois plus tard, la seigneurie de Beaufort fut unie au domaine comtal de Champagne par l'accession, au dit comté, d'Henri III, mari de Blanche d'Artois.

2. Blanche d'Artois, comtesse de Champagne; Lancastre; Charles V et Charles VI. Seigneurs usufruitiers : Tancarville, Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, XIII-XIV siècle.

1270 - 1302 (décès) : Blanche d'Artois, susnommée, comtesse de Champagne, remariée en 1275 ou 1276, à Edmond d'Angleterre, comte de Lancastre.
1304 - 1312 : Jean de Lancastre, leur troisième fils, baron de Beaufort et de Nogent- l'Artaut, mort avant 1336; marié à Alix de Joinville, veuve de Jean IV d'Arcis (Archives nationales. Inventaire Dupuy, d'après J 194, n°8; LALORE, Cartulaires, IV, 76 et 78). Ils n'eurent pas d'enfants. Pigeotte en est réduit à dire, d'après Moréri, que l'héritage de Jean de Lancastre aurait été recueilli par son frère Henri I. Voici ce que j'en sais. D'après le P. Anselme (Histoire Maison royale IV, 84), en février 1357, le dauphin Charles (Charles V) aurait donné Beaufort à Louis d'Evreux, comte d'Etampes. Dès 1361, Beaufort était revenu en la possession de la famille de Lancastre, par le mariage de Blanche de Lancastre, fille et héritière d'Henri II, duc de Lancastre; ce dernier était fils d'Henri I, comte de Lancastre, nommé plus haut. Blanche était mariée depuis 1359 à Jean d'Angleterre, dit aussi de Gaunt ou de Gand (il était né à Gand), quatrième fils du roi Edouard III, qui fut sénéchal d'Angleterre, devint duc de Lancastre et mourut en 1359. On le voit encore cité comme seigneur de Beaufort en 1364 (LALORE, Cartulaires, IV, 84. 86; et Haute-Marne, La Chapelle aux Planches, 2ième liasse, 4ième partie). Blanche ne mourut qu'en 1369. Ses descendants furent rois d'Angleterre (Henri IV, Henri V, Henri VI). Pigeotte a rapporté la filiation des enfants nés de l'union de Jean de Gand et de Catherine Roët, veuve d'Othon Swinford, chevalier anglais. Ces enfants ont porté le nom de Beaufort, et l'aîné, Henri, a été chef de la branche des ducs de Sommerset (voir Pigeotte, Anciens seigneurs Beaufort, 16-18). C'est au cours de la guerre de Cent Ans que Beaufort a cessé d'être anglais (voir plus loin l'article du château). II suffira de dire ici que Charles V confisqua le comté de Beaufort sur Jean duc de Lancastre (Froissart, édit. S. Luce, VIII, page XCV, note 3). En 1379, Charles V le donna en viager à Jean II, comte de Tancarville, vicomte de Melun, son chambellan (Côte d'Or, B 3112, folio 1); peut-être même un peu auparavant, car Tancarville était qualifié seigneur en septembre ou octobre 1374 (Archives nationales, X 9182. folio 102) et en 1376 (ibid, folio 164). Il mourut en 1382. Aussitôt, le roi Charles VI en fit don, ainsi que de Soulaines, Larzicourt et Nogent l'Artaud, toujours en viager, le 16 mars 1382 (n. st.), à son oncle Philippe le Hardi, duc de Bourgogne (Côte d'Or, B 405; D. Plancher, Histoire duché Bourgogne, III, Preuves n°LXII). On sait que le duc mourut en 1404- (Cf. Côte d'Or. B 3113-3131).

3. 1404-1503. Les ducs de Nemours

1404-1425 : Le 9 juin 1404, Charles VI érigea en faveur de Charles III, roi de Navarre, le duché de Nemours, qui comprenait Beaufort, Nogent-sur-Seine, Pont sur Seine. Soulaines, etc. (Archives nationales, J194, n°45). Néanmoins, une partie de Beaufort appartint à Catherine de Bourgogne, duchesse d'Autriche, fille de Philippe le Hardi; il en était ainsi en 1415 (Côte d'Or. B503).
A la mort de Charles III (1425), le duché de Nemours fut réuni à la couronne, et ne fut reconstitué qu'en 1462, ainsi qu'on le verra plus loin, mais Beaufort, ou au moins une partie, resta entre les mains de ses héritiers. En 1437, c'était sa fille, Blanche d'Evreux, femme de Jean d'Aragon, qui devint roi d'Aragon (P. Anselme, III, 247). Jusqu'en 1462 Beaufort appartint à Charles IV de Lorraine-Anjou, comte du Maine, de Guise, de Mortain (Huillard-Bréholles, Titres Maison ducale Bourbon, n°6187); une de ses filles, Louise, épousa Jacques d'Armagnac, qui devint duc de Nemours, comme on va le voir.
1462-1477 : Jacques d'Armagnac, susnommé; sa femme avait reçu Beaufort en don de son père (ibid, n°6511). En 1462, Louis XI fit don à Jacques d'Armagnac de tout ce qu'il possédait dans le duché de Nemours, mais il le confisqua; dès 1468 et 1469 le duc de Nemours avait acquiescé à cette confiscation (P. Anselme, Histoire Maison royale, III, 398, 427-431). Néanmoins, c'est seulement lorsqu'il fut décapité (1477) que Louis XI se crut libre de disposer de Beaufort.
1477-1479 : incorporation de Beaufort au domaine royal.
1479-1483 : Par des lettres patentes de 1477, Louis XI en avait fait don, à titre viager, ainsi que de Soulaines, Larzicourt et Villemaheu. à Thierri III de Lenoncourt, son cham bellan, bailli de Vitry en Perthois (P. Anselme, op. cit., IV, 84), mais ces lettres ne furent enregistrées que le 17 juillet 1479 (Archives nationales, P 166, n° 2391). Thierri de Lenoncourt mourut en 1483 (n. st.), et ces biens retournèrent à la couronne.
En 1484, les biens de Jacques d'Armagnac furent restitués à ses enfants par Charles VIII, et par suite le duché de Nemours. Pigeotte pose la question, sans la résoudre, de savoir si la châtellenie de Beaufort et ses dépendances, Soulaines, Larzicourt et Villemaheu, rentrèrent en la possession de la maison d'Armagnac et furent incorporés de nouveau au duché de Nemours, lors de sa restitution (Anciens seigneurs. Beaufort, 25). La restitution de Beaufort n'est pas douteuse, car eu 1485 l'un des dits enfants, Jean d'Armagnac, se qualifiait duc de Nemours, comte de Castres, Pardiac et Beaufort (Huillard-Bréholles, op. cit. n°6907; Haute-Marne, La Chapelle aux Planches, 6ième liasse, 4ième partie). Pigeotte fait remarquer que dans l'énonciation des biens donnés à Thierri de Lenoncourt, Beaufort était désigne non plus comme châtellenie mais comme comté, et il en conclut que l'érection de ce comté avait pu avoir lieu dès 1477, "avec pensée d'un démembrement définitif de l'ancien duché de Nemours" (op. cit. 25). Louis d'Armagnac, frère puîné de Jean et après lui duc de Nemours, mourut sans alliance, le 28 avril 1503, à la bataille de Cerignola (P. Anselme, op. cit., III, 430).
Je ne sais pas à quel titre le comté de Beaufort était possédé en 1504 (n. st.) par Pierre de Rohan, duc de Nemours seigneur de Gyé, qui est connu dans l'histoire sous le nom de "maréchal de Gié". Le 28 janvier de la dite année, il faisait aveu au roi du comté de Beaufort, relevant de Chaumont (Archives nationales, T14443, copie du XVIII siècle). C'était peut-être à titre de don. Quoi qu'il en soit, des lettres patentes du 8 février 1504 réunirent le duché de Nemours au domaine royal.
1504-1507 : réunion à la couronne. On va voir que le comté de Beaufort cessa désormais de faire partie du duché de Nemours.

4. 1507-1597 Foix, Foix-Aragon. Croy-Arschot, Laval, Luxembourg, Etampes. Clèves, Bourbon Condé.

1507-1512 : Gaston de Foix, comte d'Etampes, etc. le célèbre homme de guerre, neveu de Louis XII. Gaston de Foix prétendait à l'héritage de Blanche de Navarre, l'une des filles de Charles III de Navarre et à ce titre il réclamait notamment le comté de Beaufort avec Soulaines, Larzicourt etc. Cette prétention était contestée par les officiers du roi. Une transaction intervint. Des lettres patentes de Louis XII, données à Blois en 1507 érigèrent le nouveau duché de Nemours, pour lui et pour ses hoirs, en duché-pairie; en échange, Gaston renonça à ses prétentions sur le comté de Beaufort et autres terres au titre de duc de Nemours. Par "d'autres lettres, de la même date, Louis XII les lui rendit en échange de la vicomté de Narbonne, et ses terres étaient : le dit comté de Beaufort, la châtellenie de Soulaines, Larzicourt, Saint-Florentin, Ervy, Dannemoine et Coulommiers (Copie de 1559, Bibliothèque nationale Collection Champagne XXII folio 63). C'est ainsi que ces terres cessèrent de faire partie du duché de Nemours, tout en appartenant au nouveau duc. Gaston fut tué à Ravenne en 1512, le 11 avril.
1512-1513 : Retour à la couronne. Par des lettres du 20 juillet 1513, datées du bois de Vincennes, Louis XII fit don des dites terres à sa nièce Germaine de Foix, reine d'Aragon, sœur du dit Gaston de Foix. L'énumération des terres est la même qu'en 1507, mais on y a ajouté Séant en Othe, aujourd'hui Bérulle (Bibliothèque nationales Collection Champagne, XXIT, folio 76. copie de 1559). Germaine de Foix vendit les dites terres au seigneur de " Cheuvres " qui eut pour héritier Guillaume de Croy, marquis d'Arschot mais le traité de Cambrai (5 août 1529) avait stipulé leur retrait lignager au profit des enfants mineurs du vicomte de Lautrec (Odet de Foix), neveux de la reine d'Aragon; ce fait est rappelé dans l'acte de souffrance du 3 novembre 1529, qui fut accordé aux dits mineurs (Archives nationales, T 144), et le rachat eut lieu le 29 septembre 1530 (Bibliothèque nationale, 500 Colbert, tome 281, page 57, et tome 283, page 2182). C'est par erreur que Pigeotte (op. cit, p. 27) met en doute la possession de Beaufort et de ses dépendances par le marquis d'Arschot. Par la mort de ses frères, sans alliance (Gaston, puis Henri de Foix, ce dernier décédé en 1540), cet ensemble de terres échut entièrement à leur sœur, Claude de Foix, mariée en 1535 à Gui XVII comte de Laval, puis en 1547 à Charles de Luxembourg, comte de Martigues, qui mourut en 1553, la même année que sa femme, sans laisser d'enfant.
La dite Claude de Foix avait donné Beaufort, en se mariant, au vicomte de Martigues, et ce dernier eut pour héritier testamentaire Jean de Bretagne, duc d'Etampes, mais celui-ci par une transaction du 29 juin 1554, céda les dits comté de Beaufort et seigneuries d'Ervy et de Séant en Othe à François Ier de Clèves, duc de Nevers, seigneur de Jaucourt, Jully et la Grève, qui avait déjà hérité de Claude de Foix pour les seigneuries de Chaource, de Maraye, d'Isle et de Villemaur. Par un acte de partage fait en 1560 entre ses enfants, le comté de Beaufort échut à Jacques de Clèves, qui devint en 1563 duc de Nevers et qui mourut en 1564 sans laisser d'enfant.
A cette époque (1560), Pierre Ragon, marchand demeurant à Lentilles, était fermier du comté de Beaufort, y compris Soulaines, Larzicourt et autres dépendances, pour 1.920 livres par an (Bibliothèque Troyes, ms. 584. folio 39); en 1566 et 1568, l'amodiateur était Nicolas Ragon, aussi demeurant à Lentilles, pour 1.520 livres seulement (ibid. ms. 585. folio 18), mais la châtellenie de Soulaines avait été amodiée séparément, au même, en 1566, pour 1.330 livres (ibid, folio 19 v°). La succession de Jacques de Clèves resta indivise, de 1564 à 1566 entre ses trois sœurs. Un partage du 1 mars 1566 attribua le comté de Beaufort, Soulaines, et le marquisat d'Isle à Marie de Clèves, alors mineure, qui épousa en 1572 Henri Ier de Bourbon, prince de Condé. Elle mourut en 1574 laissant une fille unique, Catherine de Bourbon. Celle-ci mourut célibataire en 1595.
Le 4 février 1596 ses deux tantes, Henriette de Clèves, duchesse de Nevers et Catherine de Clèves, duchesse de Guise, se partagèrent sa succession. Cette dernière eut Jaucourt et le comté de Beaufort et elle les vendit le 6 juillet 1597 à Gabrielle d'Estrées, marquise de Monceaux, sous le nom d'Henri IV qui alors en fit don à sa maîtresse. Je renvoie pour les références à mon étude sur les Possessions des ducs de Bourgogne et de leurs successeurs dans le département de l'Aube.

5. 1597-1789, les ducs de Beaufort, puis de Montmorency


Gabrielle d'Estrées mourut en 1599. Henri IV, par des lettres patentes de juillet 1597 avait réuni le comté de Beaufort et la baronnie de Jaucourt, et les avait érigés en duché- pairie, sous le nom de Beaufort, en faveur de César, son fils naturel, qui devint duc de Vendôme, pour en jouir après le décès de sa mère. Dès le 20 août suivant, au camp devant Amiens le roi attestait que Gabrielle d'Estrées duchesse de Beaufort, baronne de Jaucourt, Soulaines et Larzicourt, dépendances du dit Beaufort, avait fait hommage des dites terres (Archives nationales T144).
La suite des seigneurs est la même que pour Jaucourt, savoir :
1599 - 1665 : César, duc de Vendôme et de Beaufort, qui avait cinq ans au décès de sa mère et décéda en 1665;
1665 - 1669 : sa veuve. Françoise de Lorraine : leur fils François fut associé à la seigneurie, car en 1661 il était qualifié duc de Beaufort (portrait par Nanteuil), mais il mourut en 1669. C'est le duc de Beaufort qui joua un certain rôle pendant la Fronde et qu'on avait surnommé "le roi des Halles".
1669 - 1698 : Louis-Joseph, duc de Vendôme et de Beaufort, leur petit-fils, gouverneur et lieutenant général du roi en Provence, qui vendit au suivant en 1688 (voir l'article de Jaucourt).
1688 - 1726 : Charles François Frédéric Ier de Montmorency-Luxembourg, prince de Tingry, mort en 1726. Par des lettres patentes de mai 1688, Louis XIV, en approuvant son acquisition, renouvela en sa faveur l'érection du duché-pairie de Beaufort (Archives nationales, Musée, vitr. 70, n°892). Par d'autres lettres, d'octobre 1689, le roi, considérant que le prince de Condé avait obtenu le changement de nom de son duché de Montmorency en celui de duché d'Enghien, changea le nom du duché de Beaufort en celui de Montmorency (ibid).
1726 - 1764 : Charles-François Frédéric II de Montmorency, son fils, jusqu'à sa mort (1764).
1764 - 1766 : indivision entre ses deux filles.
1767 : 9 septembre, partage entre elles : le duché de Montmorency échoit à l'aînée, Charlotte-Françoise. Des lettres patentes de décembre 1767, confirmèrent en faveur de son futur mari, Anne-Léon de Montmorency, marquis de Fosseux, dont le contrat de mariage avait été signé les 20 et 21 septembre, précédents, la possession du duché de Montmorency. Ces lettres furent enregistrées au Parlement le 14 mai 1768.

Famille féodale du nom de Beaufort, distincte de celle des Beauforts de la maison de Broyes ?. XII. XIII siècle.

Peut-être étaient-ce des cadets de la maison de Broyes, mais c'est peu vraisemblable, car André du Chesne n'en parle pas.
Avant 1147, Liébaud et Gilles de Beaufort, enfants de feu Oger de Beaufort, étaient suzerains du tiers du moulin de Suzémont (commune de Balignicourt); Gilles donna sa part de mouvance à l'abbaye de la Chapelle aux Planches, pour l'âme de son père (LALORE. Cartulaires, IV, 6).
En 1182, Martin de Beaufort, chevalier, était témoin d'une donation faite à la dite abbaye par Simon, sire de Beaufort (ibid, 30). Il était mort dès mai 1208 et avait laissé un fils appelé Lambert, chevalier, qui fit alors don à l'abbaye de Boulancourt du tiers du terrement que son père avait eu à Tranne et à Jessains, consistant, en bois, terrages, cens (Aube, 3H20, folio 14).
En 1247, Jean de Beaufort, écuyer, dit Blanche Couille donnait à la Chapelle aux Planches, avec l'assentiment de sa femme Ermenjart, tout ce qu'il avait des grosses dîmes de Tanières et de la Brau, et 10 setiers de blé qu'il avait en la grosse dîme de Chavanges (LALORE, Cartulaires, IV, 51). Ce don fut confirmé en 1257 par Thibaud V comte de Champagne (ibid., 55).
En 1254 Renaud, fils de feue dame Odette de Beaufort, vendit à l'abbaye de Montier en Der tous les droits qu'il avait à Hametel et à Puellemontier (ibid., 231). En 1274 ou 1275, il est dit Renaud de Beaufort et qualifié messire. Il tient alors en fief du château de Beaufort 140 journaux de terre et 20 fauchées de pré à Beaufort même; des terrages à Lentilles, etc. (LONGNON, Documents, I, n° 7296). En 1277, il est qualifié chevalier et délivre une charte par laquelle il constate que les habitants de Lentilles ont reconnu n'avoir aucun droit d'usage au bois dit le Raidon, qui appartenait aux moines de la Chapelle aux Planches (LALORE, Cartulaires, IV, 65).


Château

Ce château a joué un rôle important dans les événements militaires dont notre région a été le théâtre. Le seul nom de Beaufort, dont nous avons constaté l'existence dès le XI siècle, suffit à prouver que c'était une importante forteresse.
En 1249, Jean de Thourotte, gouverneur de Champagne pour le comte Thibaud IV, et gendre du comte de Rethel, sire de Beaufort, s'était brouillé avec son beau-père, et il voulait se séparer de sa femme. Profitant de la situation importante qu'il avait, grâce au comte de Champagne, il s'empara du château de Beaufort. Le comte de Rethel s'adressa au pape Innocent IV et le pria d'intervenir auprès du comte pour lui faire restituer son château (Arbois, Histoires comtes Champagne, catalogue, n°2887).
Cette forteresse fut occupée par les Anglo-Navarrais de 1356 à 1364 (S. LUCE, Duguesclin, I, 464).
Le 15 mai 1414, le chapitre Saint-Étienne de Troyes décidait de tenir en souffrance, jusqu'à plus ample information, un certain Simon Lanien, de Giffaumont, qui demandait une réduction sur ce qu'il devait des dîmes de Giffaumont, pour la dernière moisson, attendu que le grand jeudi précédent les gens d'armes du château de Beaufort lui avaient pris environ 4 muids de froment et 7 muids d'avoine (Aube, 7G1, folio 57).
A l'époque de la Fronde, le château n'était plus un redoutable voisin ou une défense pour la région qu'il dominait, car il était fort délaissé par ses propriétaires. En 1656, le curé rappelait les méfaits de la guerre civile. Le bourg avait été pillé par les Lorrains, qui tuèrent 10 ou 12 hommes au dit lieu, 3 à Lentilles. Ce dernier village avait été pillé sept fois. Le curé, qui demeurait alors à Lentilles, avait été obligé de quitter son presbytère et d'aller passer six semaines dans les bois, avec son domestique (ibid., G 746).
Nous n'avons pas de renseignements sur la consistance de cette forteresse. Un aveu de 1504 se borne à dire que le château et place forte de Beaufort est "clos et fermez de bons et grands fossez" (Archives nationales, T 144). On a vu plus haut (à propos du Chapitre) que sa démolition était antérieure à 1672. On croit qu'elle remontait au XVI siècle. L'emplacement est d'une contenance de 2 hectares 69 ares 58 centiares. D'après la tradition, le donjon avait 41 pieds environ de diamètre, soit environ 13 mètres 50, et 80 pieds de haut, sans compter la toiture, soit 26 mètres environ; au XVIII siècle il subsistait des ruines hautes de 40 pieds (Arbois, Répertoire archéologique 13). D'après un historien local, la grosse tour (sic) avait à l'extérieur 40 mètres de circonférence, et les murs avaient 3 mètres d'épaisseur (A. Thévenot, dans l'Arcisien, 1864, page 97).
On a vu plus haut que la chapelle castrale, en même temps collégiale, était sous le vocable de Saint-Thomas de Cantorbéry.

Capitaines.


1358 - 1359 : Pierre Audley, Anglais (S. Luce, Froissart, E. V, XLII, LI).
1361 : mars (n. st.), Guillaume de Voullemer ou Voullenier (Haute-Marne, la Chapelle aux Planches. 6* liasse, 4' partie, d'après une charte de 1482).
1379 - 1381 : (pour le comte de Tancarville). Pierre de Villemaheu, écuyer gouverneur (Côte d'Or, B 3112, folio 12 v"). Sous le duc de Bourgogne il devint lieutenant d'Henri de Mussy, gouverneur (ibid., B 504).
1382 : Raoul d'Ypres, écuyer, (Côte d'Or, B 11824).
1383 - 1386 : Henri de Mussy, aussi gouverneur (ibid.).
1395 - 1396 : Henri de Chauffour, écuyer, aussi capitaine de Rosemont (ibid.).
1399 - 1404 : le gouverneur.


Châtelain.


1387 - 1397 : Robin de Monstier écuyer, dit "garde du Chastel" en 1397 (Côte d'Or. B 31116, f" 41; 11861).

Gouverneurs du comté


1386 - 1398 : Henri de Mussy, écuyer d'écurie du duc de Bourgogne, mort en 1398, le 4 juillet(Côte d'Or, B 3113, folio1; 3126, folio35).
1398 - 1399 : Jean de Courcelles, écuyer, panetier du duc (B 3126, folio 35).
1399 - 1406 : Pierre de Fontenay, chevalier, seigneur de Rance; jusqu'à la mort du duc (1404) (ibid., B 3131, folio 1), et encore après (ibid., B3127, folio 41 v°; Haute-Marne, Montier-en-Der. 5°liasse, 1° partie).
1415 (pour le roi) : Jacques de Hans, chevalier, seigneur de Tour Carrée, chambellan du roi (Montier en Der, ibid.).

Capitaines et gouverneurs du duché

1619 (démission) : Jacques de Bretel, seigneur de Brehant et de Saint Etienne sur Barbuise, capitaine des gardes de M. de Luxembourg (Caumartin. Généalogie Bretel).
1619 - 1648 : Antoine de Bretel, frère du précédent, seigneur de Valentigny (ibid.).


Baillis


1293 : Guillaume du Châtelet, aussi bailli de Sézanne (LALORE, Cartulaires, II, 265).
1295 : Jean de Rebais, bailli de Sézanne (ibid.. 267).
1299 : Guillaume de Mortery, aussi bailli de Sézanne (ibid., 271).
1361 : (pour le duc de Lancastre), Guillaume de "Boulemer", chevalier (LALORE, Cartulaires, IV, 84. - Cf. Capitaines).
1383 : (pour le dur de Bourgogne), Henri de Mussy, aussi capitaine et gouverneur de la terre de, Beaufort et de Soulaines (ibid.. 87).
1485 : Guerri des Essarts, bailli de Beaufort, Larzicourt et Soulaines (Haute-Marne, La Chapelle aux Planches, 6° liasse, 4° partie).
1517 - 1519 : Odard de Villemor, écuyer, licencié es lois, avocat à Troyes (Bibliothèque nationale Coll. Duchesne, LXI, folio 17; Archives nationales, T 144).
1525 : Soucin de Vitel, avocat en parlement, conseiller de Germaine de Foix, reine d'Aragon et de Navarre, seigneur de Lavau et de Villemaheu (LALORE. Boulancourt, 73).
1596 : Nicolas de Vaveray, bailli de Beaufort et de Larzicourt (Vaveray, Election de Vitry, 57).
1632 : Jean de Royer, écuyer, seigneur de la Motte de Larzicourt, licencié es lois, bailli et lieutenant général (Archives nationales, T144).
1690 : Pierre I Adam, avocat en parlement, bailli et lieutenant général du duché (Aube, C 2235, folio 39).
1700 (dès 1689 d'après M. Pierre Viard ) : François I Adam, bailli et lieutenant général; seigneur du Châtelier et Chassericourt (Archives nationales, T 144).
1757, François II Adam, avec les mêmes qualités et seigneuries (ibid.).

Gruyers.


1386 - 1393 : Jean Richer. de Longeville (Côte d'Or. B 3113. folio 1 ; 3120).
1394 - 1404 : Millot de Chavanges, écuyer (ibid., B 3121 ; 3131, folio 13).
1583 : Valeran de Sompsois, seigneur de Vaudrémont (commune de Montmorency), gruyer du comté de Beaufort; fils de Pierre de Sompsois et de Barbe de Verneuil, et marié à Madeleine Le Bourgoing (Caumartin, Généalogie Sompsois).
1583 : Nicolas Galle (Archives nationales, X 9189, folio 98 v°).
1753 : Nicolas Garnier (Revue de Champagne et de Brie, 1898, p. 658).
A la fin du XVII siècle le bailli était en même temps gruyer (Archives Pierre Gautier, Mémoires de l'intendant Larcher).

Habitants notables.

La famille noble de Bonnille demeurait à Beaufort dès 1585 (Caumartin, Généalogie Bonnille) et encore en 1682 (Aube, C 2048).

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